démocratiedirecte (en un mot) est un projet francophone et international. Il propose des objectifs et une méthodologie permettant de concevoir et implémenter un système gouvernemental de démocratie directe. Concrètement il s'agit d'organiser le travail collaboratif de plusieurs milliers de personnes réparties au sein de six cents groupes de travail.
Pour participer à ce projet fondé sur le phénomène d'intelligence collective rendez-vous au "chapitre "5. Réalisation" ... après avoir lu avec attention les quatre chapitres précédents.
Il est important de se poser cette question, et cela pour deux raisons. Premièrement, la démocratie est un idéal dont la perfection ne peut pas être atteinte, mais par contre on peut s'en rapprocher toujours un peu plus. Deuxièmement le fait que l'histoire politique a connu des périodes de régression démocratique doit nous inciter à la vigilance permanente. Il importe donc de penser la démocratie de façon dynamique. La perception statique consistant à répartir les États en deux groupes - démocratiques vs non démocratiques - est caricaturale. En effet cette catégorisation fait généralement fi des particularismes culturels, et est en outre grandement influencée par la très manichéenne propagande de guerre atlantiste. Par exemple le régime syrien n'est certes pas démocratique, mais le fait que les chefs des gouvernements européens changent régulièrement fait-il pour autant des États de l'UE des démocraties ? [exemple1, exemple2 exemple3, témoignage].
Pour mesurer au mieux l'état de la "démocratie", il est indispensable de prendre en compte le contexte géopolitique international. En particulier le fait qu'en 1945 les pays d'Europe occidentale furent intégrés à l'empire US, leurs gouvernements respectifs fonctionnant désormais en vassaux de Washington. En Belgique un des témoignages les plus flagrant de cette vassalité (outre la base militaire US de Chièvres) eut lieu au début des années 1980 lorsque le gouvernement US décida d'installer en Belgique des missiles nucléaires dirigés contre l'URSS. Malgré une opposition massive de la population exprimée par des manifestations de plusieurs centaines de milliers de personnes, le parlement belge vota en faveur de l'installation des missiles. Mais surtout il apparut par la suite que celle-ci avait déjà commencé avant même le vote du parlement [1] ! Plus récemment (2011) le vote du parlement belge - à l'unanimité - en faveur de la participation à l'agression de la Libye (opération "Unified protector" ... sic !), malgré que le gouvernement n'était alors qu'en charge des affaires courantes, confirme que des gouvernements du "monde libre" s'assoient sans vergogne sur les principes constitutionnels élémentaires. Enfin le parti pris systématique de la presse belge (RTBF, RTL, Le Soir, Le Vif-L'Express, ...) en faveur des agressions de l'OTAN (sans aucune remise en question de leur prétendue motivation "humanitaire") et contre ses cibles (diabolisation, manichéisme, ...) montre que l'indépendance des médias est quasiment inexistante par rapport à la propagande guerrière de Washington.
Le projet d'Union européenne fut imposé aux populations du "vieux continent" par le gouvernement US [source] et des industriels européens [source]. On ne s'étonnera donc pas que le pouvoir du parlement européen (pouvoir législatif) - le seul à être élu - est quasiment nul par rapport à celui de la Commission (pouvoir exécutif), véritable organe directeur de l'UE, et qui est composé de "ministres" européens sous l'influence principale des lobbies industriels [source].

L'Union européenne est-elle populaire ailleurs que dans les médias ?
Force est de constater qu'en réalité l'UE est dirigée par un conglomérat de grandes sociétés privées - dans lequel les banques jouent un rôle central - et ayant attribué à la Commission européenne la fonction de comité de direction. Celle du parlement européen étant de donner une apparence démocratique à ce système de détournement de fonds publics (cf. le scandale des intérêts de la dette payés aux banques privées, ainsi que les récurrents "sauvetages" de celles-ci, tout cela avec - in fine - l'argent des contribuables). En outre malgré que le projet de pseudo "constitution" européenne - document truffé de violations flagrantes des principes constitutionnels élémentaires (traité de Rome, 2004) - fut majoritairement rejeté au référendum en 2005 par les populations française, hollandaise puis irlandaise la classe politique de ces pays continue de transférer à l'UE une partie toujours croissante de la souveraineté nationale (traité de Lisbonne, 2007), foulant ainsi au pied le résultat des référendums. L'UE simule autant la démocratie que les régimes prétendument "représentatifs" qui la composent. Pouvait-il d'ailleurs en être autrement ... ? Ces faits confirment que l'Union européenne n'est que l'union du big business, propriété d'une infime minorité de la population, et se considérant de façon délirante comme une classe de despotes "éclairés". L'exemple de la Grêce confirme que l'UE conduit à la privatisation des services publics [source] et donc, in fine, à une régression vers la loi du plus fort et à l'augmentation sans limite des écarts de richesses. L'UE est la négation même du principe démocratique.
Même en faisant abstraction du contexte impérial et en se limitant à la relation entre gouvernants-vassaux et citoyens-vassaux, le caractère représentatif des "démocraties" atlantistes doit être considérablement relativisé étant donné que la corporation des ministres et parlementaires est sociologiquement très typée. Généralement universitaires (dont beaucoup diplômés d'universités US) et jouissant d'un niveau de revenus et de fortune nettement plus élevé que la moyenne de la population, leur profil sociologique est très minoritaire. Mêmes les politiciens socialistes et communistes fréquentent moins des ouvriers que des cadres supérieurs (surtout des milieux financier et médiatique, dont la corporation politicienne est tellement dépendante). Le débat démocratique entre partis politiques est donc plus représentatif de cette classe sociale minoritaire que de la majorité de la population. Le régime "représentatif" - puisqu'il n'est en réalité qu'une oligarchie - simule donc la démocratie, pouvoir de la majorité. On ne s'étonnera donc pas que les écarts de richesse sont de plus en plus marqués [sources : Belgique, monde], signe que la classe dirigeante s'accapare une part toujours croissante des richesses produites.
LE CAS DES USA. 57% des membres du Congrès US font partie du 1% les plus riches de la population [source]. Mais alors quel pourcentage du Congrès représentent ses membres issus des 5% les plus riches ... ?
LE SPECTACLE DU CLIVAGE GAUCHE-DROITE C'est un fait connu des politologues depuis les années 1970 : si les programmes électoraux varient certes selon la couleur politique, les mesures implémentées par les gouvernements de "gauche" ne sont pas significativement différentes de celles implémentées par les gouvernement de droite. L'archétype du système "représentatif" est le modèle bi-partisan en vigueur aux USA, où les deux partis principaux (démocrate et conservateur) sont conçus comme deux marques différentes d'un même produit, masquant le fait qu'il s'agit en réalité d'un parti unique au service du lobby militaro-industriel US.
La démocratie est compatible avec des écarts de richesse entre individus, pour autant que ces différentiels restent en deçà du niveau à partir duquel une minorité de riches devient assez puissante pour contrôler le processus politique. Au delà de cette limite l'oligarchie est en mesure d'user de sa puissance financière pour (i) corrompre élus politiques, fonctionnaires, dirigeants syndicaux, journalistes, intellectuels, ... et (ii) pratiquer le chantage économique par la menace de délocalisation d'entreprises privées si l'État ne baisse pas l'imposition des grandes sociétés, et d'écroulement du système bancaire si l'État ne refinance pas systématiquement les banques privées mises en difficultés par une politique risquée de maximisation du profit. La solution est évidente : il faut dans tous les secteurs économiques un noyau (une majorité ?) d'entreprises publiques ayant pour objectif la stabilité économique plutôt que la maximisation du profit. Or c'est exactement l'opposé que fait la classe politique, qui applique plutôt la politique "néo-libérale" de ses riches commanditaires. Mais ce qui illustre le mieux la collusion entre classe politique et « big business » c'est le scandale des intérêts de la dette publique payés aux banques privées avec l'argent des contribuables, alors qu'aucun intérêt ne devrait être payé si la classe politique n'avait pas confié aux banques privées l'essentiel (environ 90%) de la création monétaire (P.S. : la collaboration de la majeure partie des professeurs d'économie pour passer sous silence voire "justifier" ce qui n'est rien moins que l'institutionnalisation d'un gigantesque système de détournement de fonds publics confirme le degré élevé de soumission et de corruption de la communauté scientifique).
Des révolutions en Europe contre le régime dit "représentatif" sont-elles imaginables ? Actuellement, sans doute pas. Mais la situation pourrait bientôt changer. Les abstentionnistes sont déjà majoritaires aux élections européennes depuis les élections de 1999, ce qui confirme le caractère illégitime de l'UE, chimère impériale imposée aux populations européennes par Washington [source]. Une révolte populaire contre l'imposture du régime politique calqué sur le modèle US ne sera imaginable en Europe que lorsque les abstentionnistes seront également majoritaires au niveau des élections nationales. Or le second graphique ci-dessous montre que si la tendance observée depuis les années 1980 se poursuit cette situation pourrait se produire dès les années 2020. Le pouvoir de la classe politique sera alors totalement illégitime. Si en outre d'ici là le chômage et le stress au travail auront continué de croître, alors les ferments d'une révolte populaire massive seront réunis.

Source : europa.eu

Source : iev.be

Drapeaux de la francophonie (blanc)
et de l'espéranto (vert)
Enfin il importe de préserver la diversité culturelle. Nous encourageons donc les flamands - ainsi que toutes les communautés linguistiques de la planète à créer leur propre système de gouvernance par référendum et leur propre Constitution, car nous nous pensons que le développement de systèmes adaptés à chaque culture n'est pas du tout incompatible avec la réalisation d'un éventuel projet politique commun avec d'autres nations/cultures. C'est au contraire une condition indispensable pour préserver la diversité culturelle [approfondir].
democratiedirecte.be constitue un des trois pôles du modèle DAC
[1] Evoquant ce fait lors d'une conférence organisée par ATTAC au début des années 2000, le sénateur Serge Moureaux (PS) déclara « ce fut une des plus grandes déceptions de ma carrière politique ». On notera cependant que cette "déception" ne fut pas grande au point d'amener le politicien à quitter la politique ou tout au moins son parti ...
[2] Nous entendons ici par « appareil d'État » l'ensemble constitué par (i) les infrastructures organisationnelles et matérielles des services publiques, (ii) les agents officiels et officieux de l'État, et (iii) le pouvoir qui contrôle cet ensemble. Ce pouvoir peut être l'association patronale nationale, l'armée, ou encore l'appareil d'État d'un pays plus puissant. Aux USA, associations patronales et armée constituent une seule et même association de fait, connue sous le terme de « complexe militaro-industriel ». En Belgique l'appareil d'État est intégré à celui des USA depuis la "libération" de 1945.